George Sand à Nohant, pignon sur ruche

Le livre refère, on garde en soi the image of George Sand dans le calme absolu des ténèbres berrichonnes, à sa table à écrire, avec les indispensables tabac et café. Ou même the vision de sa silhouette dans l'eau glacée de the Indre – elle s'y baignait régulièrement. A Nohant, Sand consecration ses nuits à la littérature et à sa correspondance. Elle y a composé presque toute son œuvre: près de cent romans, 50 000 lettres, des centaines de pièces de théâtre … «Elle consomme d'énormes quantities of bougies, d'huile, puis de pétrole, dont elle ne peut plus if passer. Plus que de l'éclairage, c'est du froid qu'elle souffre durant ces longues nuits de travail », écrit Michelle Perrot. The historienne a longtemps jugé fades les textes by George Sand (1804-1876); elle dit l'avoir vraiment rencontrée pour la première fois à Nohant. «The y a une magie de cet endroit préservé»
Une maison peut être un monde en soi. C'est "an organisme vivant, a théâtre, expression des desires, témoin de l'histoire des occupants". Nohant, cette harmonieuse and solid maison de maitre de la fin du XVIIIe siècle, entourée d'un jardin, a constitué a paysage prégnant et indispensable à l'équilibre de l'écrivaine. Elle en a même orchestré la vie intérieure, comme le décrivent les menus détails extraits de sa correspondance et de ses Agendas, journal du dédidien débuté en 1852 sur les conseils de son dernier compagnon, Alexandre Manceau. Cette profusion de sources, here women une connaissance intime exceptionnelle, to permis à Michelle Perrot d'en return de façon sensible et précise the dimension matérielle, symbolique, affective et politique. Maison de famille, Nohant a aussi représenté a projet communautaire, a maison d'artiste, et un lieu de création.
Ilot familial
Cet héritage de sa grand-mère Marie-Aurore de Saxe, here avait acquire the demeure en 1793 et ​​conçu l'escalier monumental, elle n'a cessé de l'aménager en dépensant un argent considérable. The littérature, qu'elle appelait "the pioche", était aussi une nécessité économique. "No-a-a-nourri l'œuvre et pesé sur-elle." Sa plume prolifique ne suffisait pas toujours à régler les restructurations onéreuses. In 1858, elle se réjouit: "Nous avons trouvé le moyen d'y faire deux ateliers de peinture, an atelier de gravure, une petite bibliotheque, a petit théâtre avec vestiaire et magasin de décors." A l'extérieur, elle s' investit plusieurs années dans les fermes and agricultural exploitation avec le souhait de moderniser les terres. Dans l'enceinte de 5 hectares décidée sans clôture, elle s'adonne au jardinage and if passionne pour la botanique. "S'il ne s'agissait que de moi, j'aimerais beaucoup mieux le jardinage que la littérature", confie-t-elle à une amie in 1854. Ses derniers mots peu avant d'expirer, le 8 janvier 1876, seront «Vegetables … Laissez vegetables!»
Au-delà du décor champêtre et de l'organization du bâtiment, Nohant a été a foyer affectif fusionnel et conflictuel. D'abord secouée par la mort accidentelle de son père à 30 ans, les dissensions entre sa grand-mère et sa mère et son éloignement durant de longues années, Aurore Dupin a mis du temps à s'approprier les lieux. Avec la naissance de ses deux enfants, Maurice (en 1823) et Solange (en 1828), issus de son mariage avec Casimir Dudevant dont elle se sépare avec fracas en 1836, elle règne sur un îlot familial triangulaire. Elle considère l'aîné, Maurice, peintre et entomologiste, comme le maitre de Nohant, et c'est pour le fixer dans le Berry qu'elle fait installer an immense studio. Avec Solange, the relation est très compliquée. Elle l'écarte longtemps et transforme même sa chambre en théâtre après son mariage.
Nohant sera aussi le décor des amours de ce tempérament ardent. Hors ses amants, trois partenaires en particulier l'ont retenue plusieurs années. Après Casimir Dudevant, avec qui elle passe quatorze ans et que le Berry «accable», c'est le coup de foudre entre elle et Frédéric Chopin. Avec «Chip-Chip», apprécié par ses enfants, les étés deveennent musicaux et propices à la créativité des deux artistes. «Chopin voulait toujours Nohant et ne supportit jamais Nohant. L'était l'homme du monde par excellence », écrit Michelle Perrot. Mais la maladie et la jalousie du pianiste ternissent leur amour, définitivement achevé quand Chopin se mêle des histoires de famille, prenant le parti de Solange. Le graveur Alexandre Manceau, a friend of Maurice a convié à Nohant à Noël 1849, va ensuite s'y ancerer quinze ans durant, devantant l'intendant et l'amant de George Sand, s'impliquant dans le théâtre. Contre Maurice here women congé à celui here take trop de pouvoir sur son domaine à son goût, elle choisit Manceau, «le seul qui ait jamais pu fa faire quitter Nohant» pour Palaiseau, dont elle reviendra deux ans plus tard, après la mort de son compagnon.
Thébaïde
Le livre retrace également les différents cercles de personnages liés à Nohant (les domestiques, y en a eu une centaine en soixante ans), le cercle de Berrichons libres-penseurs et républicains, les amis – dont le plus cher, the avocat de Châteauroux François Rollinat, avec qui elle fait de longues promenades dans la Vallée Noire. The y aussi tous ceux qu'elle invite à venir séjourner dans sa thébaïde, vantant le calme aux citadins and the refuge studieux aux artistes. D'autant qu'à partir de 1849, les trente heures de voyage pour rallier the Berry ont raccourci à neuf heures avec l'arrivée du chemin de fer à Châteauroux. Eugène Delacroix, the princes Napoléon-Jérôme, Flaubert, Liszt and Marie d'Agoult, Balzac, Alexandre Dumas fils, the singer Pauline Viardot, des comédiens, des savants fonts le trajet, parfois plusieurs fois.
Après la nature, les soirées musicales, littéraires et scéniques, et même les engagements politiques, toute cette vie communautaire qu'elle aime, George Sand retourne à sa solitude dans sa "chambre à soi", silencieuse, propice à l'écriture. «Lire, fumer, boire du café, écrire, être à Nohant et complètement seule dans le profundus silence de la nuit», a-t-elle écrit. Sans Nohant, comprend-on, the n'y aurait probablement pas eu George Sand.

Frédérique Roussel

Michelle Perrot George Sand à Nohant, an artist's house Le Seuil "La librairie du XXIe siècle", 464 pp., 24 €.

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