"Pour avoir des athlètes qui réussissent, the faut a minimum de budget, not? »

Perrine Laffont reçoit sa médaille d'or olympique, le 12 février, à Pyeongchang.
Perrine Laffont reçoit sa médaille d'or olympique, le 12 février, à Pyeongchang. FABRICE COFFRINI / AFP

Une médaille d'or olympique, ça vous change un peu la vie. Depuis son titre à Pyeongchang, le 11 février, Perrine Laffont a goûté à la notoriété médiatique et aux opportunités qu'elle offers. L'Ariégeoise a ainsi donné the coup d'envoi of a match between Lyon et Nice («Devant 50 000 personnes, ça faisait drôle»), roulé dans la voiture de rallye du Belge Thierry Neuville and pris le temps de valider sa 2is année de DUT [diplôme universitaire technologique] techniques of commercialization. «On me reconnaît parfois dans la rue, corn pas trop ici à Paris», relativise la jeune femme, rencontrée à la sortie d'une émission sur France Inter, à la fin d'octobre. From the 7th of December, the skieuse laissera les micros pour retourner à ses «bosses» with the première manche de la Coupe du monde à Ruka (Finland).

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Vous avez été championne olympique à 19 ans. Quand on concrétise aussi jeune the objectif de sa carrière, on peut if demander: 'Qu'est-ce je peux faire de mieux derrière'?

Arrêter après Pyeongchang ne m'a jamais traversé l'esprit. Oui, j'ai gagné les Jeux mais j'ai toujours envie de faire du ski de bosses, aller sur les compétitions, de voyager … Les Jeux représentent a tel niveau de stress que lorsque je suis revenue sur la Coupe du monde en mars, j'avais the impression de skier dans une compétition régionale.

Cette saison, la chaîne L'Equipe will spread on the TNT les manches de la Coupe du monde. Attendez-vous beaucoup de cet éclairage sur votre discipline?

Je pense que cela va permre de prolonger the effect of JO avec ma victoire. C'est cool. On a vu l'effet sur le biathlon. De mon côté, je vais partager mon quotidien, j'ai ouvert a blog vidéo sur YouTube ou je montre un peu the envers du décor à côté des compétitions. Je me filme moi-même, je mets à contribution les autres personnes de l'équipe.

Votre vie a-t-elle radicalement changé au quotidien?

Comme je poursuis toujours mon DUT commerce in Annecy et que je m'entraîne toujours dans les Alpes à Albertville ou à Tignes, j'avais besoin de take a logement. J'étais un peu à la rue. J'avais mes affaires dans ma voiture et je squattais à droite et à gauche. Donc j'ai décidé de take a pied-à-terre ce printemps pour me poser entre deux voyages. On a acheté an appartement avec mes parents. Quand je ne suis pas là, on the met en location.

Les banques font-elles plus easy crédit à une championne olympique?

There are all parents here financent, moi je n'ai pas de revenus fixes. J'ai beaucoup de partenaires qui donnent un petit peu; ce qui fait que j'arrive à financer mes saisons. Je suis chez Rossignol depuis deux ans, maize après ma victoire aux JO, je suis passée en contrat «fringues» et plus seulement ski. Après Pyeongchang, mon image et ma notoriété ont changé. Je suis un peu devenue une "vitrine", the marque peut utiliser mon image pour communiquer.

«Notre situation est simple: pas de résultats, pas de budget. On a toujours un peu le couteau sous la gorge »

Votre titre a aussi permis de redonner une visibilité au ski de bosses en France. Les moyens ont-ils suivi?

Notre sport en avait besoin. La dernière médaille [en bronze] remontait à 2006 avec Sandra Laoura et le dernier titre en 1992 with Edgar Grospiron. On était de moins en moins médiatisé, on se mourait un peu dans notre coin. Cette victoire n'était pas que pour moi.

Pour cette nouvelle saison, on a pu embaucher un nouvel entraîneur, Lionel Levray. On a dû trouver des partenaires privés pour financers son embauche. On aimerait le garder pour quatre ans et les prochains JO, corn the go foulre taper à la porte chaque année pour y arriver.

In November, the Fédération française de ski at déterminé trois niveaux d'intervention entre les différentes disciplines afin de rationaliser ses dépenses. The ski de bosses appartient à la 3is catégorie des "disciplines ou on joue la carte individuelle". Qu'est-ce que cela signifie pour vous?

Notre situation est simple: pas de résultats, pas de budget. On a toujours a peu le couteau sous la gorge. Déjà en 2014, the ski de bosses français était menacé. Ben Cavet term 8is à Sotchi, moi 14is à 15 ans après une 5is place en qualification, c'était prometteur pour deux jeunes athlètes. La fédération a décidé de remettre des budgets, maize sans résultats aux Jeux de 2018, c'est sûr qu'elle nous coupe the budgets.

Avez-vous suivi les débats autour de la suppression de 1 600 postes de conseillers techniques sportifs (CTS) imagagée par le gouvernement?

Oui, forcément. A responsable du ski de bosses est a CTS. C'est lui qui organise tout, nos voyages, nos saisons … S'il n'est plus there, notre disciplines if the gueule was cheated. On serait touché directement. Mon entraîneur est aussi conseiller technique. S'il n'est plus there, comment je fais? Cela posed a réel problème et nous touche directement. Je trouve ça étrange, surtout par rapport au Jeux de 2024 à Paris d'entendre ces annonces de budget. On parle de promotion du sport. Mais pour avoir des athlètes qui réussissent, the faut a minimum de budget, not?

J'essaye de comprendre ce here if décide en ce moment. Ce n'est pas évident, on touche à la politique et je n'ai pas fait d'études de droit ou d'économie.

Perrine Laffont, à Niaux en Ariège, en décembre 2017.
Perrine Laffont, à Niaux en Ariège, en décembre 2017. PASCAL PAVANI / AFP

The autre sujet d'inquiétude, ce sont les conditions d'enneigement. Vous avez rencontré des difficultés pour vous entraîner cet automne en Europe. Avez-vous le sentiment que les conséquences du réchauffement climatique ont des répercussions sur votre quotidien?

On the east confronted directement à la source des glaciers. On ne peut plus s'entraîner comme auparavant. The mountains, c'est notre milieu, the nous tient à cœur. On voit les conséquences directes du réchauffement. On s'adapte en permanence. A la fin d'octobre, on était à Zermatt [en Suisse] et on skiait sur de la glace. The a très peu neigé cet automne et ça ne nous facilitat pas du tout la tâche. On est parti en Australie en août pendant trois semaines. On a eu the chance to regenerate superbes conditions, mais c'est nous here devons nous payer les billets d'avion.

"Parfois, on se dit qu'on ne pourra peut-être plus skier sur une neige naturelle dans dix ans"

Etes-vous sensible à l'impact écologique de votre sport et des Jeux olympiques en particulier?

Je connais bien le site retenu pour les JO de 2022 en Chine. On disputes une manche de la Coupe du monde là-bas depuis deux ans. Ils ont posé une station de ski sur trois collines. The neige pas, ce n'est que de la neige artificielle. On va ue une station amenée à mourir après la compétition, comme à Sotchi [en 2014] ou à Pyeongchang.

Quand on est arrivé à Pyeongchang, on voyait des banderoles «Games Kill Us» déployées par des paysans here protestaient contre les conséquences de l'organization des Jeux chez eux. Personne ne nous demande notre avis à nous les athlètes, on subit les choix politiques.

The CIOs and the Fédération internationale de ski ne tiennent pas compte de ces problèmes, selon vous?

In 2015, je me souviens que nous étions sur la côte est des Etats-Unis pour une manche de la Coupe, nous sommes partis en Autriche pour les championnats du monde et on est departments de les Etats-Unis, mais côte ouest. Quand les fédérations de ski, directement concernes par le réchauffement climatique, ne prennent pas en compte leur empreinte carbone, c'est un peu désolant.

Parlez-vous de cette problématique entre skieurs et skieuses?

Oui, parfois on se dit qu'on ne pourra peut-être plus skier sur une neige naturelle dans dix ans, que nos enfants ne connaîtront peut-être pas le ski en dehors des dômes. But station de Monts d'Olmes [Pyrénées] if trouve à 1 200 m of altitude. In 2016, les pistes n'étaient pas ouvertes à la fin de décembre. Même quand j'aurai arrêté but carrière, je serai sad de ne plus pouvoir skier chez moi pour le plaisir.

The restera toujours des pistes couvertes …

Jamais. Que du naturel et du plein air pour moi.

Alexandre Pedro

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