Dans sa prise de parole, vendredi 13 février, Friedrich Merz a pris acte du coup de froid durable avec les États-Unis. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le rapport qui accompagne la conférence de Munich, rapport traditionnel qui donne des chiffres et présente des sondages, s’intitule cette année “Under Destruction”, à traduire par “En cours de démolition”. Le chancelier allemand a évoqué devant le millier de participants “un ordre international en passe d’être détruit”.
“Entre l’Europe et les États-Unis, il s’est creusé un gouffre, un fossé profond, selon le chancelier. Nous avons compris qu’à l’ère des grandes puissances, notre liberté n’est plus un acquis, elle est menacée. Personne ne nous a contraints à nous rendre aussi dépendants des États-Unis. Cette immaturité résulte de notre propre faute.”
Les règles ont changé, il faut accepter les nouvelles réalités du monde, mais pas question pour autant de tourner le dos aux États-Unis, a ajouté Friedrich Merz. S’il considère que “le partenariat transatlantique semble avoir perdu de son évidence”, il estime aussi que l’Europe “s’accroche parce que nous sommes convaincus que c’est ensemble que nous résoudrons les problèmes mondiaux”.
“Je pense qu’à l’avenir, nous serons plus souvent en désaccord que par le passé, mais si le respect est là, alors ce sera à l’avantage des deux parties”, espère Friedrich Merz. Un rapprochement avec Washington qui doit rester prudent, tempère le chancelier, qui appelle aussi l’Europe à chercher de nouveaux partenaires dans le monde, Canada, Japon, Inde ou Afrique du Sud, par exemple.
date: 2026-02-13 18:48:00