Trêve violée en Ukraine : neuf civils blessés malgré l’accord Trump, dont un enfant
Malgré un cessez-le-feu de trois jours négocié par le président américain Donald Trump, les combats se sont poursuivis en Ukraine dimanche 10 mai, faisant au moins neuf blessés civils, dont un enfant de trois ans. Les deux camps s’accusent mutuellement de violations, tandis que les tensions persistent dans une guerre qui a déjà fait des centaines de milliers de morts depuis 2022.
Un cessez-le-feu annoncé, mais rapidement bafoué
Donald Trump avait annoncé vendredi soir un cessez-le-feu bilatéral entre la Russie et l’Ukraine, entrant en vigueur samedi matin pour une durée de 72 heures. Selon la Maison-Blanche, cet accord prévoyait également un échange de 1 000 prisonniers de guerre de chaque côté, dans le cadre d’une médiation américaine soutenu par les deux parties.

Pourtant, dès le premier jour de la trêve, les violences ont persisté. L’état-major ukrainien a recensé 147 affrontements armés en 24 heures, selon un rapport publié dimanche. Parmi les attaques les plus marquantes :
- 7 704 frappes de drones et 2 021 bombardements d’artillerie russes enregistrés samedi, ciblant des localités et des positions ukrainiennes.
- Des frappes ciblant des infrastructures civiles, comme dans la région de Dnipropetrovsk où un enfant de trois ans et un secouriste de 23 ans ont été blessés par un drone.
- Des attaques dans les régions de Kherson, Mykolaïv et Zaporijjia, faisant cinq autres blessés civils, dont un conseiller municipal de 53 ans.
“Les secours étaient en route pour porter assistance aux habitants du village de Myrivska quand leur véhicule a été frappé par un drone ennemi.”
La Russie dénonce des “violations massives” ukrainiennes
Le ministère russe de la Défense a riposté en accusant Kiev d’avoir mené 676 frappes d’artillerie et de chars, 6 331 frappes de drones et huit attaques d’infanterie en 24 heures, selon un communiqué publié dimanche. Moscou affirme que ces actions constituent des “16 071 violations du cessez-le-feu” sur la même période.
Volodymyr Zelensky, président ukrainien, a qualifié la situation de “désastreuse” dans son adresse du soir, estimant que “l’armée russe ne respecte pas le cessez-le-feu et ne fait même pas semblant d’essayer”. Il a souligné une diminution des frappes de drones à longue portée, mais pas des attaques ciblées contre les civils.
Contexte : une trêve dans un conflit gelé
Cet épisode s’inscrit dans une dynamique de négociations intermittentes depuis le début de l’invasion russe en février 2022. Plusieurs tentatives de cessez-le-feu avaient déjà échoué, notamment en février 2024, lorsque Washington avait recentré ses priorités sur son conflit avec l’Iran. Les échanges de prisonniers, bien que prévus dans l’accord de trêve, n’ont pas encore eu lieu, selon les dernières informations.
Les analystes soulignent que cette trêve, bien que limitée dans le temps, révèle les difficultés persistantes à instaurer une paix durable. Les deux camps semblent préférer maintenir une pression militaire plutôt que de céder sur leurs positions territoriales ou politiques.
FAQ : Ce que vous devez savoir sur cette trêve
1. Pourquoi Donald Trump a-t-il négocié cette trêve ?
Les motivations précises de Trump ne sont pas officiellement détaillées, mais plusieurs hypothèses émergent :
- Une tentative de stabilisation régionale avant des élections américaines potentielles en 2028.
- Une pression pour relancer les négociations après l’échec des pourparlers de février 2024.
- Un calcul géopolitique pour affaiblir l’influence européenne dans la gestion du conflit.
2. Quels sont les prochains étapes possibles ?
Plusieurs scénarios se dessinent :

- Prolongation de la trêve si les deux parties y trouvent un intérêt mutuel (échange de prisonniers, pause humanitaire).
- Retour aux combats si aucune des parties ne perçoit de bénéfice à poursuivre le cessez-le-feu.
- Intensification des sanctions contre la Russie ou l’Ukraine, selon les accusations de violations.
Les observateurs suivent de près les réactions de l’OTAN et de l’UE, qui pourraient ajuster leur soutien militaire en conséquence.
3. Pourquoi les civils sont-ils toujours ciblés ?
Plusieurs facteurs expliquent cette stratégie :
- Effet psychologique : les attaques contre les civils visent à démoraliser la population et forcer des déplacements massifs.
- Destruction des infrastructures : hôpitaux, écoles et réseaux électriques sont des cibles pour affaiblir la résilience ukrainienne.
- Opportunisme militaire : les drones et l’artillerie légère permettent des frappes rapides et peu coûteuses, même en période de trêve.
Perspectives : vers une nouvelle escalade ?
Alors que la trêve expire dans moins de 24 heures, les signes d’une reprise des hostilités sont déjà visibles. Les deux camps semblent déterminés à maintenir leur avantage stratégique, avec un risque accru de frappes massives sur les villes ukrainiennes.
Pour les civils, cette trêve avortée rappelle une triste réalité : la guerre en Ukraine n’est pas près de s’arrêter. Les prochains jours seront cruciaux pour évaluer si cette initiative diplomatique a servi à autre chose qu’à sauver des vies pendant 72 heures.