Réforme de la quatrième année de médecine générale : le cadre de rémunération clarifié
La réforme du troisième cycle des études de médecine, et plus particulièrement la structuration de la quatrième année de médecine générale, franchit une étape décisive. Après plusieurs mois de discussions, les modalités de rémunération tant pour les Docteurs juniors (DJ) que pour les Maîtres de stage des universités (MSU) sont désormais stabilisées. Ce cadre vise à sécuriser le parcours des internes en fin de cursus tout en valorisant l’engagement des praticiens qui assurent leur encadrement.
La rémunération des Maîtres de stage des universités (MSU)
Le modèle de financement destiné aux MSU a été ajusté pour refléter la réalité de l’activité pédagogique et clinique. Les principales composantes sont les suivantes :
- Gestion des tickets modérateurs : Les MSU percevront directement les tickets modérateurs issus de l’activité réalisée par les Docteurs juniors qu’ils encadrent, une mesure finalisée dans le cadre du PLFSS 2026. Ce système se substitue à l’indemnité de compensation des charges initialement envisagée.
- Honoraires pédagogiques : Une rémunération fixe de 600 euros brut par mois de stage et par étudiant est allouée pour le volet pédagogique.
- Primes d’exercice : Des primes supplémentaires sont prévues pour encourager l’installation et l’encadrement dans des zones spécifiques : 800 euros brut par mois et par étudiant pour les zones d’intervention prioritaire (ZIP), zones d’action complémentaire (ZAC) ou quartiers prioritaires de la ville (QPV).
- Encadrement de la PDSA : Une prime de 400 euros brut par mois et par étudiant est versée aux MSU participant à la supervision de la permanence des soins ambulatoires (PDSA).
- Compensation forfaitaire : Un nouveau dispositif de compensation forfaitaire a été introduit pour les praticiens accueillant des Docteurs juniors dont une part significative de la patientèle bénéficie de l’exonération du ticket modérateur. Cette prime varie de 300 à 600 euros brut par mois selon le seuil de patientèle concernée.
- Dispositions régionales : Une compensation spécifique de 550 euros brut par mois est prévue pour les MSU dont le cabinet principal est situé dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin ou la Moselle.
Le cadre financier des Docteurs juniors
Pour les Docteurs juniors en médecine générale, la rémunération est structurée pour reconnaître leur autonomie supervisée et leur implication dans le système de soins :

- Part fixe : Les Docteurs juniors bénéficient d’un salaire fixe de 2 375 euros brut mensuel.
- Prime d’activité : Une prime pouvant atteindre 500 euros brut par semestre est accessible sous réserve de réaliser, en moyenne, au moins 200 actes ou consultations par mois sur la période.
- Indemnité d’exercice en zone prioritaire : Les DJ exerçant en ZIP perçoivent une indemnité forfaitaire de 1 000 euros par mois de stage.
- Prime d’autonomie supervisée : Cette prime, fixée à 500 euros brut par mois (environ 415 euros net), est maintenue pour les DJ de médecine générale.
Permanence des soins et régulation médicale
La participation à la permanence des soins ambulatoires (PDSA) repose sur le volontariat et fait l’objet d’une indemnisation forfaitaire précise :
- Gardes de 12 heures : L’indemnité est fixée à 422,03 euros brut pour une garde de 12 heures (de 20h à 8h, ou les dimanches et jours fériés de 8h à 20h).
- Gardes partielles : Pour les débuts de soirée jusqu’à minuit ou les samedis de 12h à 20h, l’indemnité s’élève à 211,01 euros brut.
- Régulation médicale : Les Docteurs juniors, après avoir suivi une formation spécifique, peuvent effectuer de la régulation médicale, rémunérée à hauteur de 50 euros brut par heure.
Ces mesures, actées par divers arrêtés, apportent une visibilité indispensable aux futurs médecins généralistes et aux praticiens engagés dans la transmission du savoir. La structuration de cette quatrième année marque une étape clé dans l’évolution de la formation médicale en France, garantissant une meilleure adéquation entre les responsabilités cliniques et la juste rétribution des acteurs de terrain.
Points clés à retenir

- Le modèle de rémunération des MSU privilégie désormais le versement des tickets modérateurs et des primes forfaitaires liées au lieu d’exercice et à la précarité de la patientèle.
- Les Docteurs juniors disposent d’un socle fixe de 2 375 euros brut, complété par des primes d’activité, de lieu d’exercice et d’autonomie.
- La participation à la PDSA et à la régulation médicale est désormais encadrée par des montants forfaitaires clairs, assurant une reconnaissance financière de ces missions essentielles à la continuité des soins.